Les employés d’Activision Blizzard se sont réunis ce mercredi à Irvine (le campus de Blizzard) (mais aussi virtuellement) pour une manifestation contre la culture toxique et sexiste qui règne dans leur entreprise (et le mot est faible).

Si Blizzard a toujours eu une place particulière dans le coeur des joueurs, l’époque où l’entreprise était intouchable a commencé à prendre fin au moment de la fusion avec Activision. Après plusieurs années pendant lesquelles l’image de marque s’est petit à petit détériorée (on se souvient des licenciements alors que la société enregistrait des chiffres records), c’est cette fois ci les employés qui nous montrent le vrai visage de l’éditeur.

Tout a débuté le 20 juillet dernier quand après deux ans d’enquête le Department of Fair Employment and Housing (DFEH) a déposé une plainte contre Activision Blizzard. Ambiance “frat boys”, harcèlement, blagues à propos de viols, culture toxique, et ce avec la participation de cadres dirigeants.

La direction a alors envoyé un communiqué à l’ensemble des employés d’ATVI en faisant l’inverse de ce qu’avait fait Ubisoft puisqu’ils ont expliqué que les accusations étaient sans fondement tout en indiquant que l’enquête du DFEH avait été mal “réalisée” (via Kotaku).

C’est pour répondre à ce communiqué totalement déconnecté de la réalité que certains employés d’ATVI se sont mobilisés sur Internet et qu’ils ont organisé une marche ce mercredi (via Vice). Une lettre ouverte à la direction a recueilli plus de 2 600 signatures afin de mettre en avant les problèmes existants dans l’entreprise et les premières étapes pour les corriger. (via Polygon)

On découvre parmi les tweets des détails sur les clauses des contrats que les employés sont obligés d’accepter pour se faire embaucher, tout comme des informations sur les NDA lorsqu’ils quittent l’entreprise (via Twitter).

Un article est paru ce mercredi sur Kotaku avec un exemple du comportement des cadres des équipes de développement de Blizzard durant la BlizzCon 2013. On y mentionne le nom d’employés encore en poste dans la société (Afrasiabi, David Kosak, Jesse McCree, Cory Stockton et Greg Street), et on peut par exemple lire un passage de conversations.

L’année dernière, Ubisoft avait tremblé quelques semaines avec le mouvement #MeToo. Beaucoup de bruit sur Internet et dans les médias durant la période de l’E3, et un appel au boycott qui n’avait finalement pas donné grand chose.

On apprenait en mai 2021 (via Le Télégramme) que tout cela n’avait pas apporté le changement voulu. Des cadres dirigeants ont quitté l’entreprise tandis que certains ont changé de poste et l’histoire avait disparue des médias.

Réponse inattendue de la part des employés d’un des fleurons du jeu vidéo français ce mercredi, une lettre signée par plus de 500 personnes envoyée à la direction d’Ubisoft qui demande de mettre en place des actions concrètes au plus vite (via Axios) .

Ce mouvement est loin d’être terminé et il n’est pas sans nous rappeler les enquêtes qui ont eu lieu ces derniers mois (Ubisoft/Nadeo, Quantic Dream).

C’est évidemment un problème qui n’est pas réservé aux grandes entreprises et plusieurs témoignages rappellent que cela existe aussi dans d’autres beaucoup studios malheureusement.

Pour montrer votre support à toutes ces personnes qui manifestent aujourd’hui pour que leurs conditions de travail soient décentes, les employés d’Activision Blizzard vous encouragent à utiliser les symboles #ActiBlizzWalkout 💙 sur les réseaux sociaux.

Vous pouvez aussi donner à l’une de ces associations:

Il est compliqué de savoir comment réagir à ce type d’événement (en ce qui concerne la ligne Edito du site) et le fait de boycotter les jeux des éditeurs est souvent décrié car cela impact le travail des employés (et parfois même directement leur rémunération quand il s’agit de médias importants sur Metacritic par exemple).

Pourtant, il apparait clairement sur les réseaux que les employés d’ATVI sont favorables à cette solution et c’est donc assez logiquement qu’à partir d’aujourd’hui, l’actualité du site se fera pour une période sans les jeux et produits dérivés des éditeurs et développeurs Activision Blizzard et Ubisoft (sauf pour suivre les enquêtes en cours et les initiatives des employés de ces entreprises).

J’apporte tout mon soutien aux personnes qui ont été victime de ce type de comportement toxique (qu’il s’agisse de l’industrie du jeu vidéo ou non).

#ActiBlizzWalkout 💙