Certains attendent le prochain jeu Rockstar, d’autres le nouveau FIFA, moi c’est la dernière création d’Arkane Studios. Qu’il s’agisse du studio lyonnais ou des bureaux d’Austin, c’est toujours un moment magique quand on met la main sur le bébé de cette société qui sait à chaque fois nous étonner.

Le studio nous a déjà démontré son savoir faire par le passé en ce qui concerne les FPS avec une ingéniosité à toute épreuve et il entend bien ravir les joueurs avec Deathloop.

Sortir de la « zone de confort » Dishonored pour créer un nouvel univers, un pari risqué. Deathloop est une véritable pépite pour les amoureux de jeux vidéo qui aiment quand on nous permet d’être acteur des histoires qu’on nous racontent. De quoi bouleverser les codes de ce genre qui prend parfois la poussière et qui se met à tourner en rond (et en battle royal).

L’univers

Deathloop nous plonge sur l’île fictive de Blackreef aux commandes de Colt Vahn, un personnage aussi charismatique qu’amnésique. Cette île est un véritable bastion militaire où se tiennent des expériences un peu folles sur l’espace temps.

Sans savoir vraiment pourquoi, vous êtes « temporellement » coincé sur cette île. En effet, vous allez vivre la même journée en boucle et ce jusqu’à ce que vous réussissiez à éliminer les « visionnaires » (les boss) qui vivent sur l’île.

Pour cela, on se déplace librement parmi 4 quartiers de l’îles durant les 4 moment de la journée à notre disposition (matin, midi, après-midi, soir).

Le but est donc de comprendre les motivations de chaque visionnaire, d’apprendre leur emploi du temps et d’influer sur le déroulement de la journée pour réussir à tuer les 8 visionnaires durant la même journée.

Le jeu

Deathloop est un FPS où l’on va tirer sur des ennemis, escalader des maisons et explorer à gogo. On se balade parmi les quatre niveaux que le jeu nous propose, en essayant de récolter des indices. Il faut écouter les discussions des PNJ (des gardes tous masqués, habillés de vêtements colorés improbables) en avançant arme à la main pour faire le ménage si nécessaire.

Comme avec Dishonored, le jeu nous propose de jouer à notre façon. On peut très bien décider d’être discret et d’essayer d’infiltrer les bâtiments sans se faire repérer. Ce sera du coup l’occasion parfaite pour équiper une arme avec silencieux ou pour utiliser un de nos pouvoirs pour nous rendre invisible.

Mais on peut aussi très bien vouloir faire disparaitre tous les ennemis sur notre passage à grands coups de fusil à pompe ou de mitrailleuse, en utilisant un pouvoir qui nous rend plus fort quelques instants.

Deathloop nous offre tous les objets et équipements qui vont bien pour que l’on puisse se divertir comme on le souhaite. Que ce soit grâce aux différents types d’armes à feu que l’on peut customiser avec des « breloques » qui permettent d’améliorer certaines caractéristiques (comme la précision, la taille du chargeur, la vitesse de rechargement…) ou bien grâce aux pouvoirs « magiques » dont on dispose (se téléporter sur une courte distance, se rendre invisible ou encore faire léviter ses ennemis).

On joue la plupart du temps avec les mêmes armes que les gardes que l’on rencontre, et si on souhaite récupérer un équipement un peu plus rare, il faudra se servir directement sur le cadavre d’un des visionnaires.

Il n’y a pas de niveau de difficulté dans Deathloop, mais le fait que nos ennemispossèdent les mêmes armes que nous permet d’être au moins aussi bien équipé que ses adversaires.

Si mourir n’est pas une fin en soi, c’est quand même un événement assez important puisque lorsque l’on meurt, on perd toutes les armes et breloques que l’on a ramassé durant notre journée. Pour palier à ça, on peut « infuser » une arme ou une breloque.

Pour cela, il faut récolter une ressource durant votre partie (celle ci disparait aussi à chaque fin de journée, ou lorsque vous mourrez) et la « dépenser » sur les armes que vous souhaitez sauvegarder. Une fois une arme infusée, vous pourrez la sélectionner à nouveau chaque fois que vous recommencerez votre journée.

Cela vous permet de ne pas repartir de zéro à chaque nouvelle boucle.

Ce système est intelligent car plus vous jouerez, plus vous serez bien équipé et ce même si vous avez du mal à avancer dans l’histoire. Les joueurs qui exploreront complètement les niveaux seront avantagés puisqu’ils ramasseront plus de ressources que les autres, c’est tout bénef.

Là où l’on remarque qu’Arkane a d’abord privilégié le fun, c’est sur trois points: le premier c’est que votre jauge de « pouvoir magique » se recharge automatiquement. Cette feature va vous permettre de tester constamment les pouvoirs qui sont à votre disposition et on se met rapidement à devenir complètement addict. C’est ultra fun à jouer, et ça permet aussi d’avoir des phases de combats hyper fluides.

On évite pas les gun fight, on y va en courant (ou discrètement) et c’est un vrai plaisir à jouer.

Le second, c’est qu’on est rarement à court de munition. Okay on a pas des chargeurs infinis mais on trouve très facilement des balles pour nos armes, que ce soit en nous baladant ou sur le corps des ennemis tout juste abattus (anecdote: un ennemi qui vous a tiré dessus laissera moins de munition derrière lui qu’un ennemi que vous tuez discrètement).

Enfin, on peut mourir trois fois par partie. Etant donné que notre aventure est périlleuse il serait dommage de mourir bêtement en tombant d’une falaise le soir avant d’avoir tuer le 8ème visionnaire. Colt possède donc un pouvoir constant qui lui permet de mourir 3 fois avant que la journée ne recommence.

Lorsque l’on meurt on est téléporté là où l’on se trouvait quelques secondes plus tôt.

Si le scénario de Deathloop peut faire peur aux premiers abords, le jeu nous guide constamment durant les premiers pas de l’aventure (et les suivants si vous êtes perdu). On commence par se réveiller sur une plage, seul, et on découvre au fur et à mesure des messages qui nous aident à comprendre ce que l’on fait ici et comment nous mouvoir dans les différents niveaux.

Ces messages sont présents sous de multiples formes. Il peut s’agir de documents laissés par d’autres personnages dans des bureaux, d’enregistrements audio, de discussions sur des ordinateurs ou encore de conversations que l’on a avec Juliana.

Juliana, c’est la femme qui souhaite vous tuer pour vous empêcher de briser cette boucle temporelle. Pourquoi ? On ne sait pas. Sa particularité, c’est que lorsque la journée recommence, elle se souvient de ce que vous avez fait. En fait, il n’y a qu’elle et vous qui savez que vous êtes dans une boucle temporelle.

Tous les autres personnages ignorent cette information et c’est pour cette raison que vous pouvez du coup récolter des données sur le déroulement de la journée.

Juliana, c’est sans aucun doute LA meilleure idée de Deathloop pour là encore un bon nombre de raisons.

C’est la personne avec qui notre personnage communique constamment lorsqu’il débute l’exploration d’un quartier de l’île. Quelques phrases qui commentent nos actions, tout en rendant plus vivante notre expérience.

Elle est l’électron libre du jeu (encore plus libre que nous puisque les gardes la laissent se déplacer sans broncher). Si les journées se répètent, son comportement est imprévisible. Elle peut envahir notre partie à n’importe quel moment de la journée, dans n’importe quel quartier de l’île. Et lorsqu’elle fait ça, elle se met en chasse pour nous tuer, tout simplement.

Elle possède des pouvoirs (aléatoires) et des armes (aléatoires), ce qui va nous donner du fil à retordre pendant notre partie. Mais c’est un bon moyen pour récupérer des équipements performants si on arrive à la tuer avant qu’elle ne le fasse.

Il faut savoir que l’on peut normalement quitter les quartiers de l’île à tout moment en nous dirigeant dans des tunnels pour mettre fin à notre exploration. Malheureusement lorsque Juliana nous attaque, les portes sont bloquées et il faut pirater une antenne relais au milieu du niveau pour rouvrir ces accès.

Ce principe nous oblige à nous mettre à découvert et c’est un jeu du chat et de la souris géant qui commence pour essayer de survivre.

Cerise sur le gâteau, Juliana peut être contrôlé par un autre joueur. Plutôt que d’incarner Colt, vous pouvez décider de jouer Juliana et d’envahir le niveau d’un joueur. Vous avez alors la possibilité de choisir vos armes, vos pouvoirs et de vous mettre en chasse pour tuer 3 fois Colt durant la même partie.

Le concept de Juliana permet de faire « vivre » notre aventure en solo, de donner une relation à Colt, ce qui nous permet de découvrir la personnalité de notre personnage en même temps que son passé, mais c’est aussi un électron libre qui casse la routine qui peut s’installer dans notre aventure.

C’est finalement un kif total si l’on a pas mal exploré le jeu en tant que Colt puisqu’on se met à pourchasser le joueur que l’on a été quelques heures auparavant si l’on prend le contrôle de Juliana.

C’est aussi la seule façon de débloquer des costumes alternatifs pour Colt et Juliana, costumes qui ne sont que cosmétiques mais qui permettent de briller un peu lorsque l’on se fait envahir ou qu’on est l’envahisseuse.

Deathloop ne déroge pas à la règle, vous allez pouvoir vous servir de l’environnement pour vous battre. Pirater une tourelle ennemie, grimper sur les toits, désactiver les systèmes de sécurité, vous pouvez faire tout ce que vous voulez pour arriver à vos fins.

Le jeu ne vous propose pas de solutions pacifiques pour vous débarrasser de vos adversaires. Vous n’endormirez pas un garde comme on pouvait le faire dans Dishonored. Mais du coup on se prend moins la tête à décider si on veut être violent ou non, ce qu’on doit choisir c’est comment on veut éliminer les gardes qui nous barrent la route.

Et si la méthode que l’on vient d’utiliser ne nous convient pas, on peut toujours en essayer une autre dans la boucle suivante. C’est cette option qui nous manquait dans Dishonored. On a enfin une bonne raison d’essayer plusieurs techniques sur les mêmes ennemis, dans les mêmes bâtiments, sans avoir l’impression de recommencer un niveau « pour rien ».

On se met rapidement à aimer l’univers de Deathloop et son île improbable. Où se côtoient scientifiques, fêtards mégalos, chanteurs improbables et informaticiens tarés. Chaque visionnaire a sa personnalité qui lui est propre, et où adore plonger dans leurs zones qui reflètent parfaitement leur caractère.

Il n’y a pas de bonnes façons de se débarrasser d’un visionnaire, il y en a plusieurs. L’histoire et le système d’indices nous en fait découvrir, mais on peut improviser et trouver toujours d’autres techniques improbables pour venir à bout des protagonistes.

Il n’y a par contre qu’une seule façon de venir à bout des 8 visionnaires en une seule journée, et si c’est votre but ultime, vous pouvez suivre le carnet de bord que Colt tient pour comprendre comment mettre au point ce plan parfait.

Le menu d’option consigne toutes les informations que l’on découvre durant notre partie et il nous indique les objectifs à atteindre pour avancer dans l’histoire. C’est indispensable car sans cela, ça deviendrait rapidement extrêmement compliqué de se rappeler de tout et beaucoup de joueurs baisseraient les bras.

Ce qu’on aime dans Deathloop, c’est qu’on voit directement l’impact de nos actions durant notre partie. Si on détruis des caméras de surveillance le matin, on pourra passer sans problème l’après midi au même endroit car les gardes n’auront pas eu le temps d’en installer de nouvelles.

Si un visionnaire en particulier est éliminé le midi, il ne pourra pas être présent à un événement le soir, et du coup cela change le déroulement des activités. Les messages qui passent dans les haut-parleurs de la ville changent eux aussi en fonction de vos actions.

Tout comme les documents que l’on ramasse éparpillés dans la ville. Ce sont toutes ces attentions qui font que nos boucles se ressemblent mais elles ont une saveur différente. On est toujours à la recherche de ces petites différences, pour voir où se trouve le raz de marée qui résulte des battements de nos ailes de papillons.

A cela s’ajoute un environnement magnifique et une ambiance parfaite. Que ce soit la musique ou les décors, on passe des dizaines de minutes à explorer les quartiers, à la recherche d’idées pour mettre au point notre plan mortel, mais aussi pour en apprendre un peu plus sur les visionnaires, les gardes mais aussi sur nous même (et Juliana).

Rien n’est laissé au hasard. Chaque bâtiment peut être découvert de multiples façons, par les toits, les égouts, la porte d’entrée, des fenêtres, et ces entrées changent parfois suivant la période de la journée et les actions que l’on a réalisée pendant la matinée…

On a l’impression qu’il n’y a pas de fins, qu’on trouvera toujours une nouvelle façon de faire quelque chose.

Deathloop par contre récompense les joueurs curieux en leur offrant une expérience originale, des énigmes parfois tordues et des informations sur le monde qui nous entoure. Par contre, il ne faut pas s’attendre à débloquer une arme ultime ou un pouvoir fabuleux après avoir suivi une quêtes facultative. C’est l’énigme en elle même qui est le cadeau, les objets « puissants » se trouvent facilement si l’on suit l’histoire principal, de manière à ne pas frustrer les joueurs qui auraient moins de patience ou qui passeraient involontairement à coté de ces histoires annexes.

Deathloop c’est un mélange parfait où aucun détail n’a été oublié. Que ce soit l’histoire, les mécaniques de jeu, la narration, l’ambiance, la direction artistique, la possibilité d’y jouer en solo ou en 1 contre 1, rien n’a été laissé au hasard.

Je vais m’arrêter là car je peux facilement écrire encore quelques centaines de lignes sur cette pépite que nous a offert Arkane (que ce soit les coups de pied, la possibilité d’avoir deux armes à la fois, les pouvoirs funs, les dialogues vraiment top, le jeu des doubleurs qui est parfait…).

La durée de vie

Il faut compter une trentaine d’heures pour découvrir presque tous les secrets et boucler l’histoire si vous êtes curieux et que l’exploration est votre dada. Si jamais vous vous mettez à jouer Juliana pour envahir les autres joueurs, il est possible que cela devienne votre jeu parfait pour décompresser en fin de journée.

Verdict

Les points positifs

  • L'ambiance est hyper réussie
  • C'est fun, extrêmement fun
  • Le mode 1v1 est un kif lui aussi

Les points négatifs

Mentions spéciales

En résumé

Deathloop nous propose une expérience de jeu qui bouscule les codes des FPS. Plutôt que de miser sur la quantité que ce soit pour les niveaux et les armes, ici on nous propose une aventure de qualité que l'on peut (et doit) rejouer plusieurs fois sans qu'elle soit pour autant répétitive. Une narration parfaite, un gameplay aux petits oignons, une ambiance addictive, impossible de décrocher de la manette après avoir lancé le jeu. Arkane Studios nous montre à nouveau qu'en matière de FPS et de jeux vidéo, il y a encore beaucoup de choses à faire. Deathloop est un incontournable de notre génération qui servira de comparaison comme Dishonored et Prey lorsque l'on parlera de FPS dans le futur. Jouez-y !

Où se trouve la note attribuée au jeu dans ce test ?
C'est simple, il n'y en a pas. Nous pensons que l'expérience offerte par un jeu vidéo ne peut être réduite à une notation arbitraire aussi complexe soit-elle. Nous vous invitons à lire l'ensemble du test ainsi que le verdict qui donnent une idée assez détaillée sur l'expérience procurée par le jeu.