Le synopsis
Dans les vastes forêts du Wyoming, Henry vient passer un été seul dans une tour de surveillance, loin des tourments de sa vie passée. Armé d’un talkie-walkie et chargé de veiller sur les incendies, il découvre rapidement que cette forêt paisible cache bien des secrets. Guidé par la voix de sa collègue Delilah, il se retrouve plongé dans une étrange aventure où solitude, mystère et souvenirs vont peu à peu se mêler.
Walking Simulator
L’univers
Mais le calme ne va pas durer bien longtemps.
Perdu au milieu de cette nature sauvage, armé de notre courage, d’une carte, d’une boussole et surtout d’un talkie-walkie, on commence rapidement à remarquer que quelque chose ne tourne pas rond. Des événements étranges viennent perturber notre routine et transformer cette paisible forêt en un endroit beaucoup moins rassurant qu’il n’y paraît.
On évolue seul au milieu des arbres, avec cette drôle d’impression que la nature nous observe autant que nous la surveillons.
Le jeu
Et pourtant, on est rarement vraiment seul.
Depuis sa tour, Delilah, notre collègue et unique contact, échange régulièrement avec Henry par talkie-walkie. C’est d’ailleurs cette relation qui constitue le véritable cœur de l’aventure.
Le jeu débute par un rapide résumé de la vie de Henry et des événements qui l’ont poussé à venir s’isoler dans cette forêt. Les problèmes de santé de sa femme ont bouleversé leur quotidien et Henry choisit de fuir, au moins pour un temps, loin de tout ce qui lui rappelle sa vie d’avant.
C’est alors qu’il rencontre Delilah. Deux inconnus qui ne se sont jamais vus, qui ne savent finalement pas grand-chose l’un de l’autre, mais qui vont devenir pendant quelques mois les seuls interlocuteurs de leur quotidien.
Les dialogues sont particulièrement réussis. On peut choisir les réponses et les questions, mais surtout, ils sonnent juste. Pas de grandes tirades philosophiques toutes les cinq minutes : simplement deux personnes qui discutent, plaisantent, se confient et cherchent parfois leurs mots. Une relation qui se construit naturellement, au fil des conversations et des silences.
Et puis, évidemment, la forêt commence à nous réserver quelques surprises.
On découvre des éléments étranges, des objets abandonnés et des événements qui commencent à faire naître quelques théories dans notre esprit. On lit les notes laissées par d’anciens gardes forestiers, on imagine leur quotidien et, petit à petit, on commence à chercher des réponses là où il n’y en a peut-être pas.
Firewatch joue ainsi habilement avec notre imagination. On se met à élaborer des théories, à suspecter tout le monde et à voir des complots derrière chaque buisson. Après tout, quand on passe ses journées seul dans une forêt avec pour seul interlocuteur une voix dans un talkie-walkie, il n’en faut finalement pas beaucoup pour commencer à se raconter des histoires.
L’atmosphère
Et c’est probablement là toute la réussite du jeu : malgré une connexion presque permanente avec Delilah, on se sent terriblement seul.
La direction artistique participe énormément à cette sensation. Les paysages du Wyoming sont magnifiques et donnent l’impression d’évoluer dans un décor de film. On reconnaît cette Amérique sauvage que l’on a déjà vue dans quelques séries ou films, mais Firewatch nous donne enfin l’occasion de nous y promener.
La musique est elle aussi une petite merveille. Elle accompagne parfaitement nos déambulations et renforce cette impression d’être suspendu dans le temps. On marche, on observe, on discute et, pendant quelques heures, on oublie presque qu’on est devant un écran.
La durée de vie
Le verdict
Firewatch est une véritable bouffée d’oxygène intemporelle. Une expérience originale qui nous invite à prendre notre temps, à marcher sans but précis et à simplement profiter de ce qui nous entoure. On se perd dans cette forêt, armé de notre carte et de notre boussole, et l’on oublie rapidement où l’on se trouve. On partage pendant quelques heures la vie de Henry, mais aussi celle de Delilah, deux inconnus qui se retrouvent à parler de tout et de rien au milieu d’une immense forêt. Firewatch nous rappelle surtout qu’il est parfaitement normal d’être perdu, dans tous les sens du terme, et que parfois, l’aide peut arriver d’un endroit auquel on ne s’attendait pas. Une aventure silencieuse, bavarde, mélancolique et profondément humaine. Bref, une drôle de façon de passer son été.




